vendredi 9 avril 2010

Taux hypothécaires: la fête est terminée!





Plusieurs banques canadiennes ont haussé leurs taux hypothécaires cette semaine. L’augmentation est particulièrement importante pour les contrats fermés de 5 ans (hausse de 60 points de base).



Contrairement à l’automne dernier, les hausses anticipées du taux directeur canadien risquent bien de se matérialiser. Que ce soit en juillet ou avant, la récréation tire à sa fin. Il s’agit maintenant de voir jusqu’où les taux d’intérêt remonteront.

Le marché des obligations (taux d’intérêt sur les créances à moyen et long terme de notre gouvernement notamment) anticipe depuis quelque semaines déjà cette remontée. Les taux ont augmenté de plus de 50 points de base dans les termes de deux et trois ans. Notre banque centrale souhaite vraisemblablement remonter le taux directeur (financement à un jour) plus tôt que plus tard.

Attention à l'inflation

La stabilité des prix est le cheval de bataille de Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada. En 2006, la Banque a réitéré son désir de « maintenir l'inflation au taux bas, stable et prévisible de 2 % par année », soit le point milieu d’une fourchette de 1 à 3 %.

Or, l’indice de référence de la Banque du Canada (une mesure de l’inflation) a progressé de 2,1 % au cours de la période de 12 mois terminée en février, après avoir augmenté de 2,0 % en janvier. Ajoutons à cela une demande un peu plus dynamique et une demande extérieure plus ferme (exportations) et c’est amplement suffisant pour en inquiéter plus d’un…


Selon la Banque du Canada, les modifications de taux d'intérêt peuvent mettre 18 à 24 mois avant d'exercer leur plein effet sur l'économie et avoir une influence sensible sur l'inflation. Elle ne devra donc pas trop tarder si la tendance amorcée se poursuit.



Faut-il fixer son taux hypothécaire ?


Comme le rappelait récemment Doug Porter, économiste à la Banque de Montréal, les taux à court terme sont extrêmement bas et les pressions du marché favoriseront une hausse des taux au cours de l'année qui vient. Il remarque également que si au cours des 30 dernières années, dans 82 % des cas, il était financièrement plus avantageux pour les emprunteurs d'opter pour un taux hypothécaire variable, dans la présente situation, il y a certains facteurs à prendre en considération avant de conclure qu'un taux variable serait nettement plus favorable.



Par exemple :

•Au Canada, les taux d'intérêt suivent une tendance à long terme décroissante depuis le début des années 1980.

•Le taux du financement à un jour de la Banque du Canada a maintenant atteint un point où il ne peut plus descendre, de sorte qu'il n'y a plus de possibilité de baisse des taux variables. À compter de maintenant, les surprises ne pourront être que des hausses.

Les taux fixes n'ont été avantageux qu'au cours de deux périodes récentes : à la fin des années 1970 et à la fin des années 1980. Dans les deux cas, c'était à la veille d'une période de taux d'intérêt à la hausse, comme à présent.
Bien sûr, tout dépend de la flexibilité financière de l’emprunteur. Il n’y a pas de recette miracle. Il faut calculer quels seraient les paiements mensuels si les taux devaient remonter d’un demi-point ou d’un point de pourcentage et quelle sera la marge de manœuvre (consulter un expert). Rappelons que le fameux taux directeur est fixé à 0,25 % depuis avril 2009. La Banque CIBC prévoit pour l’instant une hausse de 75 points de base d’ici la fin de 2010. Rien de dramatique, mais la tranquilité d'esprit n'a pas de prix...

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