Des hausses de taxes parfois.
Le budget 2010 réserve une surprise aux propriétaires ayant vu la valeur de leur maison augmenter plus rapidement que la moyenne. Bien au-delà de la hausse de taxes de 2,25 % annoncée mercredi par l'administration Labeaume, ces contribuables auront droit à des notes parfois très salées dans l'avis d'imposition qu'ils recevront en janvier.
Sainte-Foy (Maison)Valeur en 2010 : 267 500 $ (+ 40 %)Taxes en 2010 : 3059 $ (+ 10,4 %)Hausse moyenne dans le secteur : 1,77 %
Charlesbourg (Maison)Valeur en 2010: 170 000 $ (+ 27,8 %)Taxes en 2010: 2131 $ (+ 1,8 %)Hausse moyenne dans le secteur : 1,65 %
Québec (Condo)Valeur en 2010 : 180 815 $ (+ 52,8 %)Taxes en 2010 : 2323 $ (+ 18,2 %)Hausse moyenne dans le secteur : 3,83 %
Propriétaire dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, Mme X devra encaisser une augmentation de 18,2 %. En fait, il devra payer 406 $ de plus qu'en 2009, quatre fois la hausse pourtant annoncée dans son secteur. C'est que la valeur de son condo acheté en juin 2008 a progressé près de deux fois plus vite que le reste des immeubles de Québec dans le nouveau rôle d'évaluation, cet exercice que mène la Ville tous les trois ans pour établir l'impôt foncier.
Même scénario à Sainte-Foy pour un autre propriétaire, Monsieur X. La valeur de sa maison achetée en mars 2008 a augmenté de 40 %. Si bien qu'en 2010, son avis d'imposition augmente de 10,4 %. De 288 $ pour être précis. «Je trouve ça beaucoup. Je m'attendais à 6 ou 7 %, mais 10 %, c'est un peu dur à avaler», dit ce père de deux enfants.
La valeur des propriétés à Québec a augmenté en moyenne de 29 % depuis la dernière évaluation municipale. Question d'épargner les propriétaires, l'administration Labeaume a dit ne pas vouloir en profiter et décidé de baisser d'autant le taux d'imposition. Seule une hausse moyenne de 2,25 % a été décrétée, en suivant l'inflation.
Hausse moyenne par secteur (tableau)
La faute au marché
Mais voilà, pour ceux dont la valeur de la résidence a progressé plus vite, l'augmentation de l'impôt foncier sera malgré tout plus forte. Le maire Régis Labeaume dit ne rien pouvoir y faire. «C'est pas nous qui décide ça. C'est le marché. Les évaluateurs ne prennent pas nos ordres. Ils prennent leurs décisions et nous les annoncent, c'est incontestable quant à nous», a-t-il déclaré.
Ainsi, pour ceux dont la maison a augmenté dans la moyenne, la hausse de taxes correspond à celles annoncées mercredi par l'administration Labeaume. Retraité d'Hydro-Québec, Martin Martineau craignait bien de voir son impôt foncier suivre l'augmentation de la valeur de sa maison et encaisser une hausse de 28 %. Mais c'est une hausse de seulement 1,8 % qu'il recevra, soit de 38 $. «Ç'a du bon sens. Ça couvre l'augmentation normale du rythme de la vie», estime-t-il, rassuré du résultat. La hausse moyenne à Charlesbourg est d'ailleurs de 1,65 %.
Certains propriétaires dont la valeur de la résidence a augmenté moins rapidement que la moyenne peuvent même s'attendre à une baisse de leur impôt foncier. Les recherches du Soleil n'ont toutefois pas permis de trouver des personnes dans cette situation.
Reste que la pilule est particulièrement dure à avaler pour les propriétaires pris avec une forte hausse de la valeur de leur propriété... et donc de leur impôt foncier. «Une hausse de 18 %, c'est 35 $ par mois, dit Amine Gaaliche. Bon, quand on devient propriétaire, on doit planifier et on devrait être capable d'encaisser si on a bien géré.»
Cette hausse laisse néanmoins Paul Lépine songeur. «Est-ce que les services que je reçois ont augmenté de 10 %? Il faudrait que j'y pense. Québec 2008 a été grandiose, mais est-ce que ça justifie 10 %? Je ne sais pas.»
Paul Lépine dit comprendre que la Ville a peu à voir avec cette soudaine hausse et admet lui-même avoir profité de l'effervescence du marché immobilier. L'homme de 36 ans a vendu sa deuxième maison deux fois le prix qu'il l'avait achetée, ce qui lui a permis de s'offrir sa résidence actuelle.
La hausse du prix des maisons laisse Paul Lépine tout de même songeur. «Un jeune couple comme nous qui veut acheter sa première maison ne pourrait pas s'en offrir une semblable. En quelque part, on peut se considérer chanceux.»
Source: Pierre-André Normandin. Merci!
vendredi 1 janvier 2010
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