mercredi 9 décembre 2009

Le rôle de l'inspecteur en bâtiment

L'inspection en droit immobilier

Les recours intentés contre les « professionnels » qui offrent des services d'inspection pré-achat d'un immeuble ont sensiblement augmenté ces dernières années, à cause notamment du battage médiatique dont ils sont de plus en plus l'objet.

Avec comme résultat qu'il est commun de nos jours de retrouver l'inspecteur en bâtiment poursuivi pour faute professionnelle dans l'action d'un acheteur d'immeuble intentée contre le vendeur pour vice caché. Et le plus souvent, transparaît dans ces poursuites le manque de connaissance du rôle véritable joué par l'inspecteur en bâtiment lors d'une inspection pré-achat d'un immeuble.

C'est du moins ce qu'observait Me Mélanie Hébert lors du dernier Colloque sur les développements récents en droit immobilier, organisé par le Service de la formation permanente du Barreau du Québec.

Statut juridique
L'inspecteur en bâtiment n'est pas en soi une personne régi par le Code des professions. Mais il arrive que certains professionnels régis par ce code, dont les ingénieurs et les architectes, agissent également à titre d'inspecteur en bâtiment dans le cadre d'opérations immobilières.
En pareilles hypothèses, précise Me Hébert, il n'est pas établi à ce jour si ces professionnels sont soumis aux standards de pratique de leur ordre professionnel respectif ou s'ils sont plutôt soumis à l'obligation de moyens et à la diligence raisonnable du généraliste qu'est en fait l'inspecteur en bâtiment1.

Deux organisations québécoises à but non lucratif, l'Association des inspecteurs en bâtiment du Québec (AIBQ) et la Corporation des inspecteurs en bâtiment de la Province de Québec (CIBPQ), ont adopté chacune des règles de pratique et un code de déontologie. Ces normes, bien qu'émanant de sources différentes, contiennent des obligations similaires.

Il faut noter toutefois qu'au Québec, l'inspection pré-achat n'est pas un acte réservé exclusivement aux inspecteurs membres de l'AIBQ ou de la CIBPQ.

« Toute personne ayant des connaissances en construction peut se donner le titre d'inspecteur en bâtiment et effectuer des inspections pré-achat pour les consommateurs, qu'elle soit membre ou non de l'une de ces organisations », précise Me Hébert.


On le devine, se pose alors la question de savoir si ces normes de pratique et codes de déontologie adoptés par l'AIBQ et la CIBPQ, « qui n'ont pas valeur de loi », ont une quelconque utilité pour le plaideur. Selon Me Hébert, ces normes peuvent être d'une grande utilité.

L'inspection pré-achat étant un contrat de service2, il comporte à ce titre l'obligation pour le prestataire d'agir conformément aux usages et aux règles de l'art3. C'est pourquoi elle estime que « les normes de pratique et les codes de déontologie de l'AIBQ et de la CIBPQ4 peuvent servir de référence pour le plaideur dans l'établissement des règles de l'art en matière d'inspection pré-achat ».

D'ailleurs, ajoute-t-elle, lorsqu'ils sont appelés à évaluer la conduite d'un inspecteur en bâtiment par rapport à celle d'un « inspecteur en bâtiment raisonnablement prudent et diligent », les normes de pratique deviennent alors une indication pour juger de la conduite d'un inspecteur.

Rôle de l'inspecteur
Pour apprécier la conduite d'un inspecteur dans le cadre d'une inspection pré-achat, encore faut-il connaître la nature de l'examen ou de l'inspection pré-achat.

En vertu des normes de pratique de l'AIBQ et de la CIBPQ, l'inspection pré-achat est essentiellement « une inspection des composantes visibles et facilement accessibles des différents systèmes d'un immeuble ». Elle vise à identifier les défauts apparents majeurs qui affectent l'immeuble ou en diminuent l'usage et la valeur.

L'inspection a donc pour objet l'état des éléments au moment de l'inspection. L'inspection pré-achat n'est pas une inspection de conformité aux divers codes ou normes. C'est une inspection générale et non une expertise.

Bref, « le but de l'inspection pré-achat est d'identifier les éléments qui ne fonctionnent pas ou ne fonctionnent pas correctement, de découvrir les indices de bris, défauts ou vices, et d'en informer le client ». Aussi, lorsque l'inspecteur détecte des vices apparents non sérieux mais pouvant indiquer la présence d'un vice caché plus sérieux, il doit attirer l'attention de son client sur cette possibilité et le référer à un expert en la matière.

Il n'y a habituellement aucun lien de droit entre l'inspecteur pré-achat et le vendeur. En effet, « l'inspecteur est responsable des vices apparents tandis que le vendeur garantit les vices cachés », rappelle Me Hébert.

Toutefois, ajoute-t-elle, il se peut que le tribunal partage la responsabilité entre le vendeur et l'inspecteur lorsque le vendeur a fait de fausses représentations quant à l'existence d'un vice caché et que l'inspecteur en bâtiment, qui aurait pu identifier ce vice par la présence d'indices visibles, a fait défaut de le faire5.

1 Voir Bergeron c. Bluteau, B.E. 2001BE-898 (C.Q.), pour le cas d'un architecte ayant effectué une inspection pré-achat.

2 En 1988, la Cour d'appel qualifiait ce contrat comme tel, avec une obligation de moyens pour l'inspecteur en bâtiment, voir Warnock Hersey Professional Services Ltd. c. Gaspan S.A., [1988] R.R.A. 672.

3 Art. 2100 C.c.Q.

4 Que l'on peut consulter sur les sites Internet de l'AIBQ au www.aibq.qc.ca et de la CIBPQ au www.cibpq.qc.ca

5 Nadeau c. Pelletier, J.E. 95-1350 (C.S.).

Source: Lise I. Beaudoin, avocate

mercredi 2 décembre 2009

Les perspectives du marché de l'habitation

La Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) a présenté aujourd'hui sa conférence annuelle sur les perspectives du marché de l'habitation à près de 500 professionnels du secteur. Sous le thème "un marché en évolution : une vision à 360 degrés", les conférenciers ont parlé de l'état de l'immobilier dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec et dans la province. Ils ont expliqué comment la région de Québec se démarque des autres RMR québécoises et canadiennes pour ensuite analyser plus en détail les conditions des différents segments de marché et explorer les principales zones de la région.


Sur le plan provincial


Grâce à l'amélioration de la conjoncture à l'échelle du globe et du pays, l'économie du Québec, qui traverse une phase de contraction depuis la fin de 2008, terminera l'année en voie de rétablissement. La consommation intérieure donne déjà des signes de reprise et la politique fiscale et monétaire continuera de stimuler l'économie. La SCHL s'attend donc à ce que l'expansion économique du Québec soit de l'ordre de 2,1 % en 2010. Néanmoins les firmes seront lentes à embaucher, si bien que le marché du travail de la province croîtra moins rapidement. Le taux de progression de l'emploi devrait se fixer à un peu moins de 1 % en 2010.

Selon la SCHL, les mises en chantier d'habitations seront au nombre de 43 000 dans la province en 2010. L'an prochain, le volume des reventes devrait pour sa part dépasser les 78 000 transactions. "En 2010, la reprise économique, des conditions d'emprunt toujours avantageuses et un resserrement du marché de la revente se traduiront par un rythme d'activité soutenu", note Kevin Hughes, économiste régional à la SCHL.


RMR de Québec


La construction résidentielle restera soutenue en 2010


Un marché du travail résistant, une migration soutenue, une conjoncture toujours favorable aux vendeurs de logements existants et un marché locatif encore serré, conjugués à des conditions de financement avantageuses pour les ménages, contribueront à maintenir le niveau des mises en chantier au-dessus de 5 000 unités en 2009 et 2010.

Depuis plusieurs années, les conditions économiques propices prévalant dans la région de Québec ont dynamisé le marché de l'habitation. Les revenus des ménages y ont progressé significativement, de sorte que Québec s'est hissé au troisième rang des grandes RMR canadiennes pour ce qui est de la croissance des revenus entre 2000 et 2005. Le prix des propriétés a également affiché une augmentation notable de 14 % en moyenne par année entre 2002 et 2008. Néanmoins, l'analyse du rapport entre les frais de logement et le revenu moyen des ménages montre que le marché de Québec demeure plus abordable que celui des autres grands centres urbains au Canada.

De plus, l'accroissement de l'offre d'emplois dans la région a soutenu la migration de ménages et ainsi maintenu la pression sur le marché locatif, qui est l'un des plus tendus à l'échelle canadienne. Le taux d'inoccupation demeurera à 0,6 % en 2009. Cette conjoncture stimulera la construction de logements locatifs traditionnels, et le taux d'inoccupation n'augmentera que légèrement en 2010, pour s'établir à 0,8 %.

Malgré un léger repli du marché de la revente en 2009 (baisse de 5 %), les conditions demeurent favorables pour les vendeurs et soutiennent la tendance haussière des prix (7 %). En 2010, on s'attend à une offre plus abondante, à une croissance des transactions et à une progression moins marquée des prix (4 %).

La vigueur de la demande d'habitations, jumelée à une offre limitée de terrains dédiés à la construction résidentielle, a contribué à la montée des prix sur le marché du neuf. Cette hausse oriente progressivement une partie des ménages vers des produits moins chers, dont les maisons jumelées et les copropriétés, qui deviennent par le fait même de plus en plus populaires.

On estime qu'une personne sur cinq (âgées de 75 ans et plus) vit en résidence. La construction de résidences pour aînés a récemment été dynamique et principalement constituée d'appartements d'une chambre, qui font l'objet d'une demande plus forte. Au cours des prochaines années, le potentiel de marché progressera peu puisque ce n'est qu'à partir de 2016 que l'augmentation de la population âgée de 75 ans et plus s'accélérera.


Vers une exploration des lieux


Afin de mieux analyser le dynamisme immobilier de la région métropolitaine de Québec, trois grandes zones sont étudiées : le centre, la périphérie nord et la rive-sud. D'abord, le centre présente une population légèrement plus âgée et se distingue par sa part plus importante de ménages locataires (54 %). L'offre restreinte de terrains a orienté la construction vers des habitations de forte densité (copropriétés et logements locatifs). Les logements de ce type comptent pour les deux tiers des unités mises en chantier depuis cinq ans. Soulignons également que le secteur de Québec Les Rivières a été le plus actif du centre au cours des cinq dernières années. On y a dénombré 58 % des mises en chantier de la zone.

Le centre affiche également une grande diversité. D'une part, on y trouve une importante disparité de loyers entre les secteurs (589 $ à Vanier contre 861 $ à la Haute-Ville). D'autre part, c'est à Sainte-Foy-Sillery que le prix moyen des maisons unifamiliales est le plus élevé de la RMR (310 000 $) et à la Haute-Ville que les copropriétés sont les plus chères (221 000 $).

La périphérie nord se démarque par une plus forte proportion de ménages propriétaires (69 %) et un vaste territoire. La construction résidentielle y a également été plus active, car on y a dénombré 45 % des mises en chantier totales de la RMR au cours des cinq dernières années. Au cours de la même période, c'est dans cette zone que la moitié des maisons individuelles mises en chantier dans la RMR ont été réalisées. De plus, le marché de la revente y est plus abordable que dans le centre et demeure à l'avantage des vendeurs. Le prix moyen des propriétés unifamiliales est de 197 000 $ à Charlesbourg, alors qu'il est de 226 000 $ dans le secteur Laurentien.

La Rive-Sud se caractérise par une population plus jeune. Entre 2009 et 2005, la construction résidentielle a été plus forte qu'au cours des cinq années précédentes (2000-2004). Les mises en chantier se sont chiffrées à 5 630, contre 5 133. Du côté du marché de la revente, les prix sont moins élevés. Une propriété unifamiliale trouve preneur à un prix moyen de 196 000 $ et une copropriété, à 156 000 $. Enfin, le marché locatif est le plus serré de la RMR avec un taux d'inoccupation qui varie entre 0,2 % (Charny, Saint-Romuald, etc.) et 0,4 % (Lévis, Pintendre, etc.).


Mettant à contribution plus de 60 ans d'expérience à titre d'organisme national responsable de l'habitation au Canada, la SCHL aide les Canadiens à accéder à un éventail de logements durables, abordables et de qualité, favorisant ainsi la création de collectivités et de villes dynamiques et saines partout au pays. Pour en savoir davantage, veuillez consulter le site www.schl.ca ou composer le 1-800-668-2642.


Source: Fédération des chambres immobilières du Québec.

Le marché haut de gamme va bon train

Construction résidentielle


On construit peu de nouvelles maisons individuelles à Québec en raison de la rareté des terrains vacants, mais celles que l’on construit sont réellem­ent haut de gamme, surtout du côté de l’arrondissement des Rivières, où la valeur moyenne des propriétés neuves est de 410 000$.


La divulgation des perspectives annuelles du marché immobilier de la SCHL permet d’apprendre qu’un secteur géographique en particulier bénéficie actuellement de la vigueur économique de la région de Québec.

Selon Mme Marie-Élaine Denis, analyste de marché à la SCHL, le secteur de l’arrondissement des Rivières, du côté Lebourgneuf, est en pleine expansion, surtout pour les propriétés haut de gamme, dont la valeur est de 410 000 $ et plus.

L’une des raisons qui explique ce phénomène est le récent développement de l’autoroute Robert-Bourrassa et l’apparition de nouveaux développements résidentiels et commerciaux.

Mme Denis note que la valeur moyenne des résidentielles unifamiliales neuves que l’on retrouve dans Les Rivières est de 410 000 $, alors que le coût moyen s’établit à 300 000 $ dans Charlesbourg et Stoneham.

Selon la SCHL, les propriétés du secteur de Beauport et de Boischatel ont été acquises, en moyenne, pour la somme de 265 000 $ au cours de l’année 2009, tandis que la valeur était de 238 000 $ du côté de Val-Bélair, Saint-Émile et Loretteville.

Le marché immobilier actuel est toujours avantageux pour le vendeur, soutient Mme Denis, et la tendance se maintiendra ainsi au cours de l’an prochain.

Le taux d’inoccupation des logements locatifs, qui se maintiendra sous la barre du 1 % à Québec en 2010, est responsable de cette pression qui propulse le marché de la revente de maisons existantes.

Source:Annie Saint-Pierre